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Onclin, Mouffe et Grozdev en évidence

Trois joueurs du Centre de Mons ont réussi de belles performances la semaine dernière. Le premier a remporté son premier Challenger, le second a été en finale d'un J100 où il a rencontré le troisième en demi!

 
Il revient de loin. Début février, Gauthier Onclin restait sur la plus défrisante période de sa carrière, zéro point ATP marqué en cinq mois et dix tournois. De quoi s'interroger à l'approche de ses 25 ans. A la croisée des chemins, il a choisi de prendre des risques, certes calculés, avec l'aide de son coach Germain Gigounon, de retravailler les bases de son jeu et de repartir à un niveau de tournoi peut-être moins élevé pour retrouver le goût de la victoire. Depuis lors, il a accumulé quelques 150 points en trois mois, ce qui lui permet de se retrouver virtuellement 225e mondial, une position susceptible de lui rouvrir les portes des qualifications en Grand Chelem, malheureusement une semaine trop tard pour Roland Garros.
 
90 % d'humidité
 
"En réalité, cela aurait pu être tout juste puisque la deadline Porte d'Auteuil était ce lundi, mais comme l'ATP 1000 de Madrid s'étale sur une dizaine de jours le classement ne sera officiellement actualisé que dans une semaine", dit le Liégeois. "Vu ma situation en début d'année, je ne me suis pas focalisé là-dessus, je suis déjà heureux d'entrer en ligne de compte pour Wimbledon, c'est quasi acquis, et il ne me manque qu'une soixantaine de points pour l'US Open, avant une fin de saison où je n'ai presque rien à défendre. J'aurai aussi l'avantage de pouvoir jouer "à la maison" lors du Challenger de Liège et peut-être juste avant au 25.000 de l'Argayon, le tournoi du Léo tombant en même temps que les qualifs de Wim".
 
C'est donc sur dur en Côte d'Ivoire que Gauthier a conquis son premier titre, dans un ATP Challenger du niveau de celui qui sera organisé dans la cité ardente début juillet et dont il était, il est vrai, première tête de série, un statut qu'il faut aussi pouvoir assumer ce qui n'est jamais simple. "Ce n'était sans doute pas le tournoi le plus relevé, mais il était très homogène et disputé dans des conditions très particulières qui nivelait un peu le niveau des uns et des autres", dit-il. "Il faisait si chaud dans la journée que les normes ATP imposaient de ne commencer à jouer qu'à 16 h 30, et le soir l'humidité était énorme, quasi 90 %, ça te vide. C'était assez dingue, et pas facile à gérer, je n'ai pas joué les meilleurs matches de ma vie, j'ai plutôt gagné au courage et à l'envie."
 
Abidjan 2
 
Une semaine avec des hauts et des bas, donc, au cours de laquelle il n'a quand même abandonné qu'un set, le premier face au Turc Alkaya (ATP 341) en quart de finale. C'est en demi-finale, contre le Français Calvin Hemery, ex-116e mondial, qu'il a livré son meilleur match (6-4, 6-0), et en finale il est venu à bout du Britannique Hamish Stewart (ATP 312) au bout du suspense, sur un double 7-6. "Il servait très bien, avec un jeu atypique", dit Gauthier, "et j'étais moins à l'attaque, il y avait beaucoup d'enjeu pour moi, à tous points de vue. A la fin, le stress était palpable, c'est peu de le dire." Notre compatriote a ainsi eu l'occasion de conclure sur son service à 5-3 au deuxième set, mais c'est la seule fois du match où il a perdu son engagement. Il a encore obtenu deux balles de match sur le service de son adversaire, avant de s'imposer au tie-break (7-2). "J'ai pu assez rapidement prendre le large, cela m'a aidé", sourit-il.
 
Cette première victoire en tournoi Challenger, Gauthier l'attendait depuis qu'il est devenu pro. "Aujourd'hui, j'arrive à faire preuve de plus constance, à maintenir l'intensité plus longtemps, à être mieux dans le mouvement, à prendre la balle plus tôt", glisse-t-il. Sur sa lancée, il enchaîne cette semaine avec un deuxième Challenger, toujours à Abidjan et toujours comme tête de série numéro une, avec la plupart des joueurs qui étaient déjà là la semaine dernière. "Cette fois, c'est un CH75, avec par exemple l'Américain Michael Mmoh, un ancien 81e mondial, qui n'était pas là lors du premier tournoi", précise le Liégeois, "les compteurs sont remis à zéro, je suis sur une bonne lancée, je me sens bien, mais il y a aussi pas mal de fatigue, et je suis déjà programmé ce mardi soir. On va voir où cela peut me mener, j'ai déjà beaucoup joué." Par la suite, deux semaines de préparation sur terre battue l'attendent, avant la reprise lors d'un Challenger à Istanbul.

Louis Mouffe et Sava Grozdev

Cela ne se passe pas trop mal cette saison pour les juniors du Centre de formation de Mons. Louis Mouffe, 17 ans, poursuit sur la courbe espérée. Après deux victoires en J60, il vient d'atteindre la finale d'un niveau supérieur, le J100 de Gremda en Tunisie. Qui plus est, on a eu droit en demi-finale à une confrontation 100 % belge, avec Sava Grozdev dont le parcours est également à signaler puisqu'il a un an de moins que son copain namurois.
 
"Il y a donc moins d'urgence en ce qui concerne Sava, qui est plutôt entreprenant avec une belle frappe et un tennis assez complet", note le coach fédéral Thibault Saive qui est sur place. "Ce sont toujours des rencontres particulières entre garçons qui, comme eux, vivent et s'entraînent quotidiennement ensemble. Il y avait un peu de nervosité des deux côtés, ce n'était pas un super match, et je crois même que cela n'a pas aidé Louis pour sa finale. Il a un peu poursuivi sur le même ton, il était déçu non pas d'avoir perdu, face à un très bon Nigerian (Prosper Okonkwo), mais parce que, battu 6-2, 6-3, il n'est pas vraiment entré dans son match, un peu trop passif et dans l'observation, servant aussi moins bien."
 
L'ensemble de la semaine n'en reste pas moins positive. "Cela devient sympa", comme dit Thibault. "Le travail que réalise Louis depuis la fin de l'an dernier avec le coach mental François Dutry commence à payer. C'est un gaucher d'1 m 90, qui a un bon revers et qui a progressé au service, mais c'est aussi quelqu'un qui se pose facilement beaucoup de questions, et qui pourrait parfois être plus confiant sur le court, en mettre un peu plus. En plus de quelques points gratuits en première balle, on le sent moins négatif, il gère mieux ses matches qu'avant, et donc il se rend compte qu'il en gagne plus. C'est quelqu'un qui a les armes pour faire quelque chose de bien, en tout cas chez les juniors."
 
Et le coach de préciser les objectifs dans la foulée : "J'espère que ce n'est qu'un début (sourire). Pour l'heure, Louis pointe dans le Top 300 mondial. Cette semaine, on joue un deuxième J100, toujours en Tunisie, à Monastir, on voudrait enchaîner avec de bons résultats, ce qui n'a pas encore été le cas jusqu'ici. Fin mai, il y aura l'Astrid Bowl, un J300, et d'autres tournois cotés durant l'été. Le but, pour l'an prochain, avec un classement mondial qui aura été "nettoyé" au Nouvel An, c'est d'ambitionner les Grands Chelems pour sa dernière année junior, celle où l'on commence à voir plus clair avant de passer éventuellement chez les pros."
 
On notera encore que pour son premier tournoi J100 Alistair Mutsch a pour sa part atteint les huitièmes de finale.
 

Publié le 28-04-2026

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