BJKC: une folle et formidable première journée
L'équipe belge mène 2-0 face aux Etats-Unis dans sa rencontre de qualification pour la phase finale de Billie Jean King Cup, un scénario de rêve qui ne nécessite donc plus qu'une victoire lors des trois matches initialement prévus à Ostende ce samedi. Dommage que le deuxième point ait été obtenu par abandon, alors que personne ne pouvait prévoir qui d'Elise Mertens ou de McCartney Kessler allait l'emporter. On aurait bien sûr aimé que cela se passe autrement mais cela n'enlève rien aux mérites des deux Yellow Aces.
Entre Elise Mertens (WTA 20) et McCartney Kessler (WTA 48), on a vécu un duel acharné, incertain et de haute volée. L'Américaine était manifestement survoltée par la perspective de compenser pour son pays la défaite initiale inattendue concédée par la 16e mondiale Iva Jovic des oeuvres d'Hanne Vandewinkel, tandis qu'Elise, pour son premier match de l'année sur terre battue, éprouvait les pires difficultés à maîtriser les coups que lâchait son adversaire et qui restaient souvent dans le court. Victorieuse au tie-break (7-3) d'un premier set "rollercoaster" où elle mena 5-2, la Limbourgeoise fut dominée 2-6 au deuxième, avant d'entrer, après une pause toilette qu'elle espérait salutaire, dans un troisième set d'une rare intensité. Elle réussit d'ailleurs le break d'entrée, mais se fit reprendre quasi immédiatement. On en était à 3-3, 15-15, après 2 h 40 de jeu, et bien malin qui aurait pu prédire l'issue de cette furieuse bataille...
On connaît la résilience de notre compatriote, c'est peut-être elle qui a inconsciemment poussé l'Américaine au delà de ses limites. Toujours est-il que Kessler s'est alors plainte du dos après un mouvement au service. Les larmes aux yeux, elle a finalement dû jeter l'éponge en même temps qu'un froid dans une ambiance très chaude mais aussi très sportive. "McCartney a déjà connu des soucis physiques de ce côté là dans le passé, mais ici rien ne le laissait présager, elle jouait vraiment très bien, elle a entendu quelque chose craquer, pourtant c'est une dure au mal", a déclaré la capitaine Lindsay Davenport. Difficile de la contredire, tandis que son homologue Wim Fissette constatait : "C'est clairement une joueuse qui pose problème à Elise, elle l'a d'ailleurs battue deux fois l'an dernier, elle adore jouer contre elle, ce sont des choses qui arrivent en tennis sans toujours pouvoir les expliquer. Elise n'en a pas moins continué à se battre pour aller chercher les points décisifs, dommage que cela finisse comme ça mais on n'y peut rien."
Hanne, une victoire qui ne doit rien au hasard
Les Yellow Aces avaient donc entamé idéalement la rencontre. Le radieux sourire d'Hanne Vandewinkel, des étoiles dans les yeux, reflétait bien, après coup, la dimension de la performance qu'elle venait de réaliser, de loin la plus marquante de sa carrière. Elle qui avait surtout fréquenté jusque là les tournois WTA de moyenne envergure, progressant régulièrement et accumulant les bons résultats jusqu'à intégrer récemment le Top 100, avait très rarement eu l'occasion d'être confrontée à des joueuses classées parmi les 20 meilleures mondiales, comme cette Iva Jovic, 16e à la WTA alors qu'elle n'a que 18 ans.
On doit à la vérité de dire que la toute jeune frappeuse américaine, dont c'était la première apparition sous les couleurs de son pays, a sans doute un peu plié sous le poids de l'événement et de l'enjeu, elle a commis beaucoup de fautes et s'est parfois un peu précipitée. Le mérite en revient cependant surtout à la Limbourgeoise qui a super bien défendu, mais pas seulement. Hanne a su petit à petit faire déjouer son adversaire en lui opposant un service solide et un tennis varié, sur une surface qui convenait mieux à son jeu. Sa victoire ne doit rien au hasard, elle est tout simplement méritée.
"J'ai aimé chaque seconde de ce match"
Dans un premier set de plus d'une heure, notre compatriote fut la seule à obtenir une balle de break, avant de s'imposer 7-3 au tie-break. Le tournant du match se situa sans doute à l'entame de la deuxième manche lorsque - effet de décompression ? - Hanne se retrouva d'un coup menée 0-40. Non seulement, elle sauva quatre balles de break pour gagner le jeu, mais c'est elle qui prit dans la foulée le service de l'Américaine dont elle repoussa ensuite les assauts à 3-1 et 4-2. Son bras trembla peut-être un tantinet lorsqu'elle obtint deux balles de match à 5-3 sur service adverse, mais pas du tout lorsque ce fut à elle de conclure (6-3). Un triomphe.
"J'ai aimé chaque seconde de ce match, j'en avais des frissons sur le court", s'en allait-elle tout sourire. "Je bats ma première Top 20, et même Top 50 tant qu'on y est, pour la première fois où je peux jouer en Belgique avec l'équipe, la famille, les amis, le public. Au départ j'étais un peu nerveuse, je ne savais pas trop comment j'allais faire. Le plan avec Wim, comme je n'ai pas les mêmes frappes qu'elle, était de lui envoyer un maximum de balles différentes pour l'empêcher de bien se sentir et ne pas la laisser jouer. Assez vite dans le match, je suis arrivée à prendre point par point, à faire ce que je devais faire en restant calme, en évitant de trop penser, et, finalement, c'est elle qui n'a pas trouvé les solutions. C'est un des plus beaux moments que l'on puisse vivre sur un terrain de tennis. Avec Roland Garros, où je suis assurée d'être pour la première fois en tableau final, c'est un rêve d'enfant qui se réalise."
Elise en double... avec qui ?
"Mener 2-0 au soir de la première journée, c'est quelque chose que l'on espère toujours, mais que l'on ne pouvait pas prévoir, cela n'aurait pas été réaliste", expliquait encore Wim Fissette. "Pour tout dire, je pensais plutôt que ce serait 1-1. La victoire d'Hanne est une incroyable surprise, elle a été fantastique, elle confirme qu'elle est vraiment sur la bonne voie. On est à la fois tout près et encore très loin de la qualification pour les Finals. Les Américaines ont une bonne paire de double, mais on a nos chances, comme dans les deux derniers simples éventuels. Les deux premiers matches ont été serrés, ils auraient pu tomber de n'importe quel côté, espérons qu'ils tomberont encore du bon pour nous."
Dès 14 h, ce samedi, le double pourrait donc être déjà décisif. Face probablement à la paire US McNally/Melichar, on retrouvera à coup sûr notre numéro une mondiale de la spécialité Elise Mertens, mais on ne saura qu'à la dernière minute le nom de celle qui lui sera associée, Greet Minnen ou Magali Kempen.
La rencontre commence avec le double à 14 heures, suivi de un ou deux simples en fonction du score.
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Publié le 11-04-2026
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