Alexander Blockx: "je ne pensais pas que cela irait aussi vite"
L'an dernier à pareille époque Alexander Blockx (21 ans) était encore 145e mondial. En un an, il a gravi près de 110 échelons. Troisième tour à Monte Carlo et Rome, et surtout demi-finale à Madrid, le jeune et talentueux Anversois, qui ne raffole pourtant pas de la terre battue, figure désormais en bonne place sur les tablettes des observateurs du tennis mondial. Aux côtés de son coach Ruben Bemelmans, il en a parlé vendredi dernier au Topsportcentrum de Tennis Vlaanderen à Wilrijk.
Q. Alexander, vous êtes-vous surpris vous-même durant ces quelques semaines ?
R. Je l'avoue, je ne m'attendais pas ce que cela aille si vite. Surtout sur la brique pilée. Je pensais pouvoir y arriver, mais un peu plus tard dans ma carrière. Jusque là, je progressais, mais à allure plutôt lente, avec des hauts et des bas. En peu de temps, la progression est devenue plus rapide. Avant la saison sur terre battue, on discutait pour savoir s'il valait mieux aborder directement les grands tournois ou passer plutôt par des Challengers. On a choisi de se confronter aux meilleurs, je crois qu'on peut en être fiers, mais il faut aussi rester les pieds sur terre, au prochain tournoi on repart à zéro. J'espère néanmoins que je pourrai encore réaliser de grandes chose à l'avenir.
Q. Vous avez quitté Philippe Cassiers, qui vous entraînait depuis quinze ans, et Ruben Bemelmans est devenu votre coach principal, cela semble porter ses fruits.
R. Je sentais qu'il fallait essayer quelque chose de nouveau. Je suis dans une phase de ma carrière où j'en ai le droit. C'est un domaine dans lequel il faut parfois être égoïste. Depuis que Ruben fait davantage partie du projet, tout s'est accéléré, je suis devenu plus constant, avec une vraie idée claire de ce que je veux faire en frappant la balle. Nous avons aussi modifié de petites choses, au service, en revers, en intensité, techniquement et tactiquement, qui peuvent faire de grosses différences.
Q. Place au coach, Ruben, qu'est-ce qui a changé vraiment ?
R. On a surtout travaillé son jeu de position. Je trouvais qu'il devait plus avancer dans le court, prendre lui-même l'initiative. Son approche des moments importants a également changé. La grinta qu'il a affichée en relevant le défi du plus haut niveau est une force. Mais je lui ai dit qu'il ne devait pas se mettre à jouer comme Rafaël Nadal parce que ça a marché sur terre battue, au risque de perdre son identité. Alex est un joueur agressif, il ne doit pas se mettre à multiplier les balles profondes à tout bout de champ. Il est important pour moi qu'il ne change pas énormément son jeu en fonction de la surface sur laquelle on joue.
Q. Alexander, après le genre de semaines qui changent une vie, et avant un premier Roland Garros en tableau final, comment voyez-vous désormais l'avenir ?
R. Rentrer à la maison m'a fait du bien. Pendant les tournois, on se concentre match par match, on ne réalise pas. Physiquement et mentalement, cela a été un sacré voyage. En début d'année, je m'étais fixé le Top 50 comme objectif. J'y suis déjà. Dans ma tête, j'ai toujours pensé que je pourrais un jour atteindre le Top 20 ou le Top 10, je me disais que ce serait bien. Maintenant, on va peut-être faire un planning dans ce sens-là, mais je ne vais pas arriver à Paris en matamore parce que j'ai joué deux ou trois bons tournois. J'espère déjà ne pas prendre Sinner ou Zverev au premier tour (sourire).
Q. Parlons-en de Zverev, face auquel vous vous être retrouvé deux fois impuissant, à Madrid puis à Rome...
R. Je n'ai peut-être pas joué mon meilleur tennis, mais j'ai quand même l'impression d'avoir livré deux matches de haut niveau. A Madrid, j'ai eu le sentiment d'affronter une meilleure version de moi-même dans tous les domaines, il avait réponse à tout, il faisait tout juste. A Rome, il était aussi bon, très solide, mais je commençais à être un peu atteint physiquement, j'avais gagné juste avant un gros match (2 h 20) contre Griekspoor. A part l'un ou l'autre, j'ai pu montrer durant cette période que je pouvais rivaliser avec la plupart des gars mieux classés, qui ont plus d'expérience que moi et ont sans doute à présent une meilleure idée de celui qu'ils ont en face d'eux. Pour la surprise, d'accord, on repassera, mais comme dit Ruben il vaut mieux faire peur que d'avoir peur.
Publié le 22-05-2026
Retour à la liste