Quatre joueurs, quatre trajectoires et quatre états d'esprit différents au moment d'aborder le dernier Grand Chelem de la saison.
Pour Raphaël Collignon, l'objectif est d'abord de retrouver ce petit quelque chose qui change beaucoup de choses au tennis : la confiance.
Quelques semaines après avoir disputé à Gstaad la première finale ATP de sa carrière et être entré dans le Top 40 mondial, le Liégeois traverse une période plus délicate. Trois défaites consécutives à Montréal, Cincinnati et Winston-Salem sont venues interrompre sa formidable dynamique.
Une situation qu'il analyse avec beaucoup de lucidité.
« Rien ne remplace une victoire. Quand elle ne vient pas, c'est long. Je suis quelqu'un qui marche beaucoup à la confiance. »
Raphaël reconnaît aussi avoir sans doute commis une petite erreur après Kitzbühel. Lui qui supporte difficilement les longues périodes loin de chez lui avait choisi de souffler avant d'entamer sa tournée américaine. Avec, finalement, un peu trop peu d'entraînement avant Montréal.
Il apprend. Et il ne dramatise surtout pas.
« Il y a des périodes creuses chez tout le monde et, pour le moment, c'est le cas chez moi. Mais c'est aussi dans ces moments-là qu'on apprend, qu'on cherche des solutions et qu'on se remet davantage en question. »
New York pourrait justement lui permettre de retrouver le sourire. C'ets là qu'il avait commencé une incroyable série l'an dernier en battant Casper Ruud (photo).
Il y possède de bons souvenirs puisqu'il avait atteint le troisième tour l'année dernière. Pour son entrée en lice, il affrontera l'Américain Sebastian Gorzny, 22 ans et 760e mondial, bénéficiaire d'une invitation.
Un adversaire dont Raphaël sait finalement peu de choses et dont il se méfie. Mais il ne se cache pas non plus : le tirage lui offre une opportunité.
« Si ça passe dans la douleur, ce sera déjà très bien pour moi. »
Alexander Blockx arrive, lui, à Flushing Meadows avec une situation différente. Désormais 32e mondial, il découvre pour la première fois le statut de tête de série dans un Grand Chelem.
Après une blessure à la cheville qui avait perturbé son début d'été, le jeune Belge sent que son niveau revient progressivement.
« C'est encore une étape importante. C'est évidemment un gros avantage de ne pas tomber sur Alexander Zverev au premier tour, comme à Wimbledon. »
À 21 ans, Blockx refuse pourtant de brûler les étapes. Lorsqu'on lui parle de Joao Fonseca, Learner Tien ou Jakub Mensik, les autres jeunes phénomènes de sa génération, il tempère : « Je pense qu'actuellement, j'en suis encore un peu éloigné. Mais je suis plus proche qu'il y a un an. »
Zizou Bergs, 35e mondial, sera lui aussi tête de série pour la première fois dans un Grand Chelem.
Sa préparation américaine n'a pas apporté tous les résultats espérés, mais le Limbourgeois se veut patient : « Le niveau est là. Il faut rester calme et attendre que les résultats arrivent. »
Il a aussi eu droit à un partenaire d'entraînement plutôt particulier à New York : Novak Djokovic.
Une expérience que Zizou résume avec une formule qui lui ressemble : « À ce niveau-là, c'est vraiment le Superman de ce sport. »
Il affrontera l'Espagnol Carlos Taberner au premier tour.
Chez les dames, Hanne Vandewinkel arrive également à New York avec beaucoup d'ambition. Après son titre au W100 de Landisville, la 77e mondiale avait préféré effectuer un bref retour en Belgique pour récupérer physiquement et mentalement. Avec même une petite escapade au Pukkelpop.
Elle se dit désormais prête à relever un fameux défi : Karolína Plíšková, ancienne numéro 1 mondiale et finaliste de l'US Open.
Pas question pour autant de regarder le palmarès de l'autre côté du filet.
« Sur le court, ça n'a pas vraiment d'importance de savoir ce que tu as déjà accompli ou pas. C'est uniquement cette rencontre qui compte. »
Et pendant que New York se prépare, une autre Belge est encore occupée à écrire son histoire au Mexique : Elise Mertens dispute la finale du WTA 500 de Monterrey avant de rejoindre à son tour Flushing Meadows.