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Raphaël Collignon: "le plus beau jour de ma vie"

Il ne respirait pas la confiance en arrivant à New York, mais, comme on le dit souvent, en tennis il suffit parfois d'un déclic. Après une première victoire logique et méritée contre le Colombien Galan, Raphaël Collignon a créé la sensation en éliminant de l'US Open le 12e mondial Casper Ruud, trois fois finaliste en Grand Chelem. Le Liégeois a montré à tous, en commençant par lui-même, qu'il avait le niveau dans le concert mondial.
 

Comme il l'expliquait ici il y a deux jours, Raphaël Collignon a toujours eu besoin d'un peu de temps pour se sentir légitime au moment de franchir les différents caps qui ont jalonné sa jeune carrière, chez les juniors, en tournois ITF, Challenger ou ATP. Depuis ce mercredi, il ne pourra en tout cas plus penser qu'il n'a pas le niveau requis. Il n'avait encore jamais disputé l'US Open, ni un match en cinq sets, il n'avait jamais affronté, et à fortiori battu, un Top 15 mondial. En 3 h 34 d'un thriller épique, il s'est révélé aux yeux de tous en tenant tête et en boutant hors du Grand Chelem new-yorkais dès le deuxième tour le Norvégien Casper Ruud, 12e à l'ATP, finaliste du tournoi en 2022 et de Roland Garros en 2022 et 2023. Un exploit retentissant pour le Liégeois de 23 ans.  
 
Victoire mentale
 
Raphaël a d'abord délivré un premier set super costaud face à un adversaire se demandant un peu ce qui lui arrivait. Un solide 6-4 parfaitement maîtrisé donc... suivi d'un 0-5 en deuxième manche où l'on a pu penser que le Norvégien remettait les pendules à l'heure (3-6), d'autant qu'il confirmait dans la troisième sur le même score. "Je voyais qu'il n'était quand même pas serein, il commettait des fautes lui aussi", expliquait le Liégeois à Tennis Belgium. "Je me suis concentré sur mon service, et j'ai essayé d'être présent du mieux que j'ai pu sur tous les points, il a vraiment fallu s'accrocher, c'était très dur physiquement et mentalement. J'ai super bien joué à certains moments, beaucoup moins bien à d'autres, je pense que c'est normal dans une partie de ce genre. J'ai perdu pas mal de matches en trois sets au couteau, cette fois cela a tourné en ma faveur au cinquième. Le niveau du circuit est tellement homogène, tellement fort... mais si tu continues à y croire et à bosser cela finit aussi pas tourner pour toi. Il s'agit d'abord d'une victoire mentale, ce qui est toujours mon souci premier, je ne sais pas trop comment j'ai réussi à gagner, mais je l'ai fait et c'est beau".
 
Tenu en haleine, le nombreux public du court 17, lui, a bien compris qu'il pouvait y avoir de la grosse surprise dans l'air, déjà lorsque Raphaël a d'abord égalisé au quatrième set (6-4) puis quand il est parvenu à remonter immédiatement un break concédé à l'entame du cinquième sur un mauvais jeu qui ne disait rien qui vaille. Et l'impression s'est concrétisée lorsque notre compatriote a forcé le break décisif à 6-5, avant de servir un dernier jeu de tous les dangers, ses deux premières balles de match se soldant d'ailleurs par des doubles fautes. "Le stress montait, je ne pensais plus à rien, heureusement la troisième a été la bonne", souriait-il. "Je suis vraiment content de la manière dont je me suis ressaisi dans cette cinquième manche après le jeu de service "merdique" qui m'a coûté le break d'entrée. Le plus amusant, c'est que j'étais encore suffisamment frais physiquement alors qu'au premier tour j'avais senti des crampes arriver après deux sets, comme quoi un jour n'est pas l'autre."
 
Au troisième tour contre le 21e mondial
 
"C'est le plus beau jour de ma vie", a lancé le Liégeois au micro de l'organisation à même le court. Il s'agit évidemment d'une victoire marquante susceptible d'orienter le cours d'une carrière comme la sienne. Elle confirme à l'évidence la direction que doit prendre son tennis puissant, mais pas seulement, en attaquant la balle et en saisissant les opportunités offensives. "C'est certainement une rencontre qui va me rester longtemps en tête", résumait-il. "Aborder chaque match en pensant qu'on a une chance, même si en regardant le classement et le palmarès on se dit qu'on n'en a aucune comme ici, c'est la clé. Ensuite même si j'ai parfois un peu peur parce que ce n'est pas ma vraie nature, je vois bien que pour battre des gars comme ça il ne suffit pas de tenir la balle du fond, physiquement on finit par lâcher, il faut pouvoir saisir les balles d'attaque, aller à la volée où je ne suis pas trop maladroit. J'ai bien vu qu'il ratait des passings parce que je montais, que je lui mettais la pression. Je sais qu'il faut tendre vers ça pour devenir meilleur."
 
Au troisième tour, vendredi, c'est à Jiri Lehecka, qui flirte avec le Top 20 au même âge que lui, que Raphaël, revenu virtuellement aux alentours de la 90e place mondiale, se trouvera confronté, et le Tchèque est désormais averti du danger que peut représenter notre compatriote dont le tournoi est déjà réussi... mais pas fini. "Je ne suis pas favori et j'ai tout à gagner", dit le Liégeois. "En face, c'est un joueur qui peut avoir des passages assez incroyables, mais qui peut aussi passer à côté, Steve (Darcis) m'en dira sûrement plus. Après le match que l'on vient de vivre tout peut se passer." En attendant, sans compter David Goffin qui affronte Lorenzo Musetti ce jeudi à 17 h belge sur le court Louis Armstrong, notre pays compte déjà trois représentant(e)s au troisième tour. Elise Mertens, très en forme, s'est en effet qualifiée mercredi soir face à la Néo-Zélandaise Lulu Sun 6-2, 6-3, tandis que Zizou Bergs a bénéficié du forfait in extremis de Jack Draper. Au tour suivant, le Limbourgeois défiera soit le Canadien Gabriel Diallo (ATP 33), soit l’Espagnol Jaume Munar (ATP 45), qui doivent encore s’affronter ce jeudi. 

 
 

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