Raphaël Collignon : « Je veux continuer à progresser »
A la veille du début de Wimbledon (il ne jouera cependant que mardi), Raphaël Collignon s'est confié à Tennis Belgium.
Raphaël, tu arrives à Wimbledon après une très belle tournée sur gazon. Comment s'est passée cette préparation ?
Très bien. Après Roland-Garros, j'ai pris quelques jours de repos avant de reprendre l'entraînement sur dur, à Liège. Comme nous n'avons pas de gazon là-bas, je me suis préparé en indoor, notamment avec David (Goffin(. Ensuite, je suis parti à Halle où je n'ai eu que deux jours sur gazon avant les qualifications. Finalement, cela m'a permis de prendre rapidement mes repères.
Tu as ensuite réalisé une très belle semaine...
Oui. J'ai battu, entre autres, Roberto Bautista Agut, Alexei Popyrin et Mattia Bellucci. C'était vraiment une excellente semaine qui m'a donné énormément de confiance. C'est aussi la première fois que je peux réellement préparer une saison complète sur gazon. Les années précédentes, j'étais blessé ou je revenais de blessure.
Tu sembles désormais convaincu que le gazon peut devenir une surface qui te convient.
Oui. Steve (Darcis) m'avait toujours dit que j'avais les qualités pour bien jouer sur gazon. Avec un bon service, un bon retour et de bons déplacements, on possède déjà de belles armes sur cette surface. Aujourd'hui, après plusieurs semaines de compétition, je suis persuadé que je peux y être performant.
Les conditions de jeu sont-elles très différentes entre Halle, Eastbourne et Wimbledon ?
Oui, il y a quand même des différences. Eastbourne était beaucoup plus lent que Halle. Ici, à Wimbledon, les conditions sont un peu entre les deux. J'ai aussi eu la chance de pouvoir m'entraîner à deux reprises sur les courts de match, ce qui est important car ils sont différents des terrains d'entraînement.
Ton premier adversaire sera Arthur Fils. Est-ce finalement un bon moment pour l'affronter ?
C'est certain que c'est préférable de le jouer alors qu'il revient de blessure et qu'il manque un peu de rythme. Mais cela reste un joueur exceptionnel. Quand on regarde ses résultats, il fait clairement partie des meilleurs joueurs du monde. Je ne suis évidemment pas favori. Si je veux avoir une chance, il faudra réaliser un très grand match.
Tu sembles particulièrement à l'aise lorsque tu affrontes un joueur mieux classé que toi...
J'aime ces situations. Je n'ai rien à perdre. Personne ne s'attend à ce que je gagne. Cela me permet de jouer plus libéré, de proposer mon tennis et surtout de prendre du plaisir sur le court.
Tu découvres aussi les plus grands tournois, est-ce toujours un rêve ?
Bien sûr. Je suis passionné de tennis depuis tout petit. J'ai regardé tous les Grands Chelems à la télévision. Aujourd'hui, pouvoir faire partie de ces tournois, partager les vestiaires avec les meilleurs joueurs du monde et évoluer sur ces courts, c'est quelque chose d'incroyable. J'essaie simplement d'en profiter au maximum.
As-tu parfois le sentiment que les meilleurs joueurs te connaissent encore assez peu ?
Peut-être que c'était le cas au début de l'année dernière. Aujourd'hui, je pense qu'ils connaissent davantage mon jeu. J'ai affronté plusieurs très bons joueurs, ils analysent davantage ce que je fais. Mais ce n'est pas quelque chose auquel je pense beaucoup.
Tu retrouves ici Alexandre Blockx et Zizou Bergs. Que représente cette génération belge ?
Je pense que nous nous tirons vraiment vers le haut. Ce n'est même pas une rivalité. Nous sommes de très bons amis. Quand l'un réussit, cela motive les autres. Nous sommes tous très heureux des résultats de chacun et nous avons envie de faire aussi bien.
Tu suis les performances de Zizou avec attention ?
Bien sûr. Nous étions vraiment contents de le voir retrouver une finale. Cela lui fera énormément de bien. Nous sommes tous les trois très proches au classement, avec Alexander, Zizou et moi. C'est une belle période pour le tennis belge.
Tes objectifs ont-ils changé depuis le début de saison ?
Mon objectif de départ était d'intégrer le Top 50. 'y suis et c'est évidemment très positif. Mais quand on atteint un objectif, on en fixe immédiatement un autre. J'ai une excellente équipe autour de moi et je vais continuer à travailler pour progresser encore.
En dehors du tennis, on a appris que tu étais passionné de mode...
(Rires.) Oui, c'est vrai. J'aime bien faire les magasins, découvrir des marques un peu moins connues. Je viens d'ailleurs d'acheter une veste en cuir à Londres. J'ai hâte de la porter... Peut-être que je la montrerai bientôt sur Instagram !
Tu suis aussi la Coupe du monde de football...
Oui, dès que je peux ! Je fais même l'album Panini. Je suis à environ 85 % de la collection. Steve Darcis est rentré chez lui et nous avons fait quelques échanges de vignettes. Mon agent m'a aussi ramené quelques pochettes. J'avoue que je suis un peu retombé en enfance ! (rires)
Tu as également regardé le documentaire consacré à Rafael Nadal. Qu'en retires-tu ?
J'ai vraiment adoré. Ce qui m'a le plus marqué, c'est de découvrir l'homme derrière le champion. On a parfois tendance à croire que ces joueurs sont invincibles, qu'ils ne doutent jamais. Ce documentaire montre qu'ils connaissent aussi les blessures, les peurs, les moments d'anxiété. C'est rassurant de voir qu'au fond, même les plus grands ressentent les mêmes émotions que nous.
Publié le 27-06-2026
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