David Goffin: la victoire qui fait un bien fou
Lorsque l'on n'a remporté qu'un match en quatre mois, en (re)gagner un, qui plus est en Grand Chelem, cela fait forcément un bien fou, quelle que soit la manière. On ne dira pas que David Goffin (ATP 80) et le Français Quentin Halys (ATP 70) ont livré un match d'anthologie mardi, mais notre compatriote n'en a pas moins mérité de l'emporter, tout en élevant son niveau dans la deuxième moitié de la rencontre. Il affrontera jeudi l'Italien Lorenzo Musetti, 10e mondial.
Il était difficile de dire au coup d'envoi de ce premier tour lequel des deux joueurs était le moins en confiance. On avait bien sûr noté que David Goffin restait sur cinq défaites d'affilée, mais pas que Quentin Halys en totalisait six. C'était à la fois le match idéal pour essayer de se relancer et en même temps gare au vaincu ! On l'a senti d'emblée lors d'une première manche marquée par la bagatelle de 40 fautes directes cumulées, dans laquelle David a finalement pu servir pour le set à 5-4, un jeu qu'il a perdu blanc avant d'être dominé dans le tie-break (2-7) et de se retrouver mené 0-2 dans la deuxième manche, balle de double break.
"J'étais décidé à rester dans mon match du début à la fin, en essayant d'être présent physiquement et mentalement quoiqu'il arrive", expliquait-il après coup à Tennis Belgium. "Je m'étais d'ailleurs préparé à une partie de ce genre. Quand on est en manque de confiance on sait qu'il y a toujours des hauts et des bas, surtout sur cette surface assez rapide, avec des balles difficiles à jouer, du vent, du soleil, de la tension aussi, on le voit un peu sur tous les courts. Je savais que sur la longueur la fatigue pouvait jouer, Quentin est quelqu'un d'assez grand, d'assez lourd, qui est vraiment fort quand il peut lâcher le bras, quand il va vers l'avant. Sur tous les retours, j'ai essayé d'être dedans, de jouer long, de le faire bouger. Je dois passer par ce genre de victoire un peu difficile, je pense, pour augmenter mon niveau, celui que je retrouve à l'entraînement. Je sais qu'il n'est pas loin, et j'espère qu'il sera là au prochain tour, je vais en avoir besoin (sourire)."
Quelque part un peu aidé par un adversaire qui a commis 69 fautes directes (pour 51 à Goffin) et 17 doubles fautes (pour 10 à notre compatriote) sur l'ensemble d'un match chaotique malgré l'un ou l'autre coup brillant, le Liégeois a donc pris l'ascendant au moment où l'on craignait le pire pour lui. Après avoir remporté les deuxième et troisième sets 6-4, 6-3, David a même pris quatre fois le service adverse dans le quatrième set (au total on a enregistré quinze breaks sur les quatre manches). Il a ainsi mené 3-0, 4-1, 5-3, mais le Français n'a jamais abdiqué et notre compatriote a eu du mal à finir. Il a dû servir deux fois pour le match, Halys étant revenu à 5-5, et il lui a fallu quatre balles de match pour émerger fébrilement mais méritoirement (7-5). "C'était difficile de conclure", reconnaissait-il, "ce sont des choses qui arrivent souvent en fin de match, je suis content d'avoir pu gérer ça et de n'avoir pas été embarqué dans un 5e set", souriait-il.
Désormais, c'est un cran ou deux plus haut que doit regarder notre compatriote, dans la perspective de ce deuxième tour face au Top 10 mondial italien Lorenzo Musetti. Il y a trois ans, les deux joueurs s'étaient déjà affrontés à New York, Musetti s'imposant 11-9 au tie-break du 5e set. "Cela avait duré plus de quatre heures, il faisait très chaud, je ne sais plus si j'avais servi pour le match ou si j'avais eu balle de match", dit David, qui a en revanche battu le Transalpin l'an dernier en indoor lors du Masters 1000 de Shanghaï. "Mais c'est un autre Musetti que l'on a cette année, même s'il n'a pas énormément gagné cette année aux Etats-Unis", continue-t-il. "En cinq sets, il est très dur à battre, très bon physiquement il a un très beau jeu, il peut jouer lourd, possède une très bonne main et sert mieux. Il faudra que je sois offensif et que mon tennis soit au rendez-vous si je veux avoir une chance. En même temps, je n'ai rien à perdre, et j'espère profiter de cette victoire pour essayer de plus me lâcher au deuxième match. On a beaucoup discuté ces derniers temps. Revenir à nouveau de blessure dans la difficulté alors que je vais avoir 35 ans... on se pose beaucoup de questions, c'est normal. Mais là, ça fait du bien, et il y a encore de chouettes tournois à venir, en Asie, à Bruxelles, on va continuer à faire le maximum pour que le niveau revienne, que ça fasse du bien au moral et au tennis."
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