David!
C'est une page magnifique de l'histoire du tennis belge et francophone qui s'est tournée jeudi à Bruxelles. Après dix-huit années sur le circuit professionnel, David Goffin a définitivement rangé ses raquettes. L'ancien numéro 7 mondial, six fois vainqueur sur le circuit ATP, double finaliste de la Coupe Davis et finaliste du Masters, a fait ses adieux devant son public, sa famille et ses amis. Un moment d'une rare intensité, à la hauteur de l'immense carrière d'un champion qui aura fait vibrer toute une génération. Et dont Tennis Padel Pickleball Wallonie-Bruxelles est particulièrement fière.
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Il y avait des larmes, jeudi, sur le court central de l'European Open. Dans les yeux de David Goffin, bien sûr, mais aussi dans ceux de ses proches, de ses amis et de nombreux spectateurs venus saluer une dernière fois celui qui, pendant tant d'années, leur a offert des émotions extraordinaires.
Quelques instants plus tôt, le Liégeois s'était incliné face à l'Américain Alex Michelsen (6-3, 6-4). Un dernier match en simple, disputé avec cette même volonté de se battre jusqu'au bout qui l'a accompagné tout au long de sa carrière. La veille, il avait encore trouvé les ressources pour renverser une situation face au Suisse Remy Bertola, repoussant de vingt-quatre heures l'heure des adieux.
Mais jeudi, le résultat n'avait finalement aucune importance.
Sur les écrans géants, les messages de Rafael Nadal, de Richard Gasquet et de tant d'autres ont rappelé le respect immense que ses adversaires et partenaires éprouvent pour lui. Sur le court, les retrouvailles avec ceux qui ont partagé son parcours, les mots de ses proches et le cadeau remis par sa fille Emma ont fait le reste.
Et David, si souvent discret dans l'expression de ses sentiments, a laissé parler son émotion.
« Je ne pouvais pas rêver mieux que de finir devant vous, dans une ambiance pareille en Belgique », a-t-il confié au public.
Une dernière ovation, des applaudissements interminables et beaucoup de reconnaissance. Voilà comment s'est achevée une carrière exceptionnelle.
De Mons aux plus grands courts du monde
Pour notre Fédération, le parcours de David Goffin possède une résonance toute particulière.
Bien avant Roland-Garros, Wimbledon, les Masters ou les finales de Coupe Davis, il y avait un jeune Liégeois passionné de tennis, passé par Barchon avant de poursuivre sa formation au Centre de Mons.
Un garçon discret, travailleur, déjà doté de cette remarquable intelligence du jeu qui allait devenir l'une de ses signatures.
À Mons, David a partagé le quotidien d'autres jeunes espoirs, de ses entraîneurs et de toutes celles et ceux qui accompagnent les joueurs dans leur apprentissage. Il y a grandi, progressé, travaillé. Beaucoup travaillé.
La suite de son histoire, il l'a écrite lui-même, avec son talent, sa persévérance, ses proches et les équipes qui l'ont accompagné au fil des années.
Ses succès que nous avons suivis avec passion, sont évidemment d'abord les siens. Mais avoir pu prendre part à une étape de son parcours constitue, pour notre Fédération, une immense fierté.
Et quel parcours !
Une place parmi les plus grands
Six titres ATP. Une septième place mondiale. Une finale du Masters à Londres en 2017, après avoir battu Rafael Nadal et Roger Federer. Une finale du Masters 1000 de Cincinnati. Quatre quarts de finale en Grand Chelem. Des victoires face aux plus grands champions de son époque, de Federer à Djokovic, de Nadal à Carlos Alcaraz.
Et puis, bien sûr, ces deux finales de Coupe Davis, en 2015 et 2017, qui ont fait vibrer tout un pays.
Derrière ces résultats se cache pourtant une performance peut-être plus remarquable encore : celle d'avoir réussi à s'installer durablement parmi l'élite mondiale à une époque où Federer, Nadal, Djokovic et Murray régnaient sur le tennis.
David n'avait ni le service le plus puissant ni le physique le plus impressionnant. Il possédait autre chose : une lecture exceptionnelle du jeu, une qualité de déplacement remarquable, une précision rare et cette faculté de trouver des solutions face à des adversaires souvent plus puissants que lui.
Il a fait de ces qualités une arme redoutable.
Mais il a surtout démontré qu'à force de travail, de conviction et d'exigence, un jeune joueur belge et francophone pouvait rivaliser avec les meilleurs du monde.
Un champion qui a ouvert la voie
C'est peut-être là que se situe le plus bel héritage de David Goffin.
Pendant des années, il a été le visage du tennis masculin belge. Celui dont on guettait les résultats au réveil lorsqu'il jouait en Australie, celui qui nous tenait éveillés jusque tard dans la nuit lorsqu'il disputait un grand match aux États-Unis, celui qui nous faisait retenir notre souffle lors des rencontres de Coupe Davis.
Il nous a fait rêver. Il nous a parfois fait souffrir aussi. Mais il ne nous a jamais laissés indifférents.
Et surtout, il a permis à d'autres de croire en leurs propres rêves.
Aujourd'hui, Zizou Bergs, Raphaël Collignon et Alexander Blockx portent à leur tour les ambitions du tennis belge. Ils ont leurs personnalités, leurs qualités et leurs trajectoires. Ils n'ont pas à devenir des copies de David Goffin.
Mais tous savent ce qu'il a représenté. Raphaël- ainsi que Gauthier Onclin - notamment, a grandi au sein d'une structure qu'avait fréquentée son aîné. Voir David atteindre les sommets lui a montré, comme à tant d'autres jeunes, que ces sommets n'étaient pas impossibles à atteindre.
Cet héritage-là ne se mesure ni en points ATP ni en trophées.
Il se transmet sur les courts des clubs, dans les centres de formation, dans les rêves des enfants qui prennent une raquette pour la première fois.
La simplicité des grands champions
Derrière le joueur exceptionnel, il y a aussi un homme qui a traversé les succès, les blessures, les doutes et les déceptions en restant fidèle à lui-même.
Discret, parfois difficile à déchiffrer, rarement démonstratif, mais toujours profondément investi dans son métier.
David n'a jamais cherché à se construire un personnage. Il a laissé parler son tennis.
Ceux qui l'ont côtoyé savent combien il a travaillé pour repousser ses limites, combien il s'est remis en question et combien il a donné pour défendre les couleurs de son pays.
Ses larmes, jeudi, ont simplement rappelé ce que sa réserve cachait parfois : une passion immense pour son sport et un attachement profond à toutes les personnes qui l'ont accompagné.
Dans ses derniers mots au public, il a tenu à remercier ses parents, son épouse, sa fille, ses entraîneurs, ses proches et tous ceux qui l'ont soutenu depuis ses débuts.
Un moment simple, sincère, à son image.
Merci, David !
Aujourd'hui, c'est toute la famille de Tennis Padel Pickleball Wallonie-Bruxelles qui souhaite lui dire merci.
Merci pour les victoires et les émotions.
Merci pour ces après-midi et ces soirées où le tennis belge semblait capable de tout.
Merci pour les deux finales de Coupe Davis, pour les ATP Finals 2017, pour tous ces exploits que nous n'oublierons pas.
Merci d'avoir porté si haut les couleurs de notre pays, de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de TPPWB.
Merci, surtout, pour l'exemple donné à des milliers de jeunes joueurs et joueuses. Pour leur avoir montré que le talent ne suffit pas, que le travail compte, que les obstacles peuvent être surmontés et que les rêves les plus ambitieux méritent d'être poursuivis.
Une nouvelle vie commence désormais pour David, auprès de sa famille et de ceux qui lui sont chers. Nous lui souhaitons d'en profiter pleinement, avec la même passion que celle qu'il a mise dans sa carrière.
Et nous espérons évidemment le retrouver, d'une manière ou d'une autre, au bord des courts, dans nos clubs ou auprès des jeunes qui rêvent aujourd'hui de suivre son exemple.
Parce que si David Goffin a disputé son dernier match professionnel, sa place dans l'histoire de notre tennis, elle, est acquise pour toujours.
Merci David. Et bravo pour cette immense carrière !
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Publié le 23-10-2026
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