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Roland Garros: une mauvaise journée belge

Outre le succès de la paire composée de Raphaël Collignon et Zizou Bergs (contre un autre Belge Sander Gille et son partenaire Sam Verbeek), on peut dire que la journée de mardi n'a pas souri à la délégation belge. Hanne Vandewinkel s'est logiquement inclinée face à Madison Keys et, surtout, hélas!, Alexander Blockx s'est blessé et a dû déclarer forfait avant son deuxième tour prévu ce mercredi matin. 

Mardi midi, sous un soleil de plomb et par 34 degrés à l'ombre, le nombreux public belge de Roland Garros avait de nouveau rendez-vous avec Raphaël Collignon et Zizou Bergs, mais cette fois ensemble. C'est la troisième fois qu'ils formaient équipe en double lors d'un Grand Chelem. Jusque là, ils n'avaient jamais passé un tour. Cette fois, le Limbourgeois et le Liégeois se sont qualifiés, qui plus est aux dépens d'un de nos spécialistes du double en Coupe Davis, Sander Gillé, associé au Néerlandais Sem Verbeek, un duo qui venait de remporter deux titres en tournoi Challenger. Comme d'habitude, les "Belgian copains" se sont bien amusés, mais ils ont aussi serré le jeu à la fin de chaque set, pour s'imposer au tie-break, 8-6 puis 7-3. On leur a demandé comment ils voyaient leur avenir dans la discipline.

Q. Cette première victoire vous offre-t-elle des perspectives, ou cela restera-t-il une plaisante et anecdotique péripétie ?

Zizou Bergs : Notre but premier n'est évidemment pas le double, mais c'est très sympa. Il n'y a pas de secret, c'est une discipline qui demande de l'expérience et de l'entraînement pour y briller, et on n'a pas beaucoup de temps pour ça. J'ai déjà appris beaucoup de choses sur la tournure d'esprit que cela implique avec Elise (Mertens) lors de l'United Cup en Australie au début de l'année, c'était chouette, mais c'est plus facile et plus amusant avec Raph... parce qu'il sert mieux (sourire). 

Q. Zizou est malheureusement éliminé en simple, mais pas Raphaël, n'était-ce pas un peu risqué d'ajouter ainsi un nouveau challenge en pleine canicule ?

Raphaël Collignon : Je voudrais d'abord dire que l'on a connu de pires chaleurs ailleurs sur le circuit. Aux Etats-Unis par exemple, avec un taux d'humidité bien plus important. Finalement, ici, c'était assez agréable, surtout en double où l'on bouge quand même moins. C'était mieux qu'un entraînement au stade Jean Bouin - voyez ce qui est arrivé à Alexander - d'autant plus que je ne suis programmé que jeudi. On peut travailler son service, son retour, sa volée dans des conditions de match, avec moins de stress, même si on joue pour gagner. Dommage que ce soit tombé sur Sander, on est ennuyé, cela ne fait jamais plaisir, on aurait préféré éliminer quelqu'un d'autre.

Q. Y a-t-il une intention cachée derrière tout ça, la Coupe Davis, les Jeux olympiques ?

Raphaël Collignon : Zizou vous l'a dit, il ne faut pas chercher d'arrière-pensée là où il n'y en a pas. Ce qui compte pour nous c'est notre carrière en simple. Maintenant, même si on peut avoir une option supplémentaire en cas de coup dur avec l'équipe de Coupe Davis, et si on peut aller aux Jeux de Los Angelès en 2028, pourquoi refuser d'y penser ? Les qualités nécessaires, on les a, mais il faut beaucoup jouer. Dans la mesure du possible, on va essayer de le faire un peu plus, de s'entraîner un peu plus aussi.

Alexander Blockx : le forfait qui fait mal

Il était prévu en ouverture ce mercredi, 11 h, sur le court Suzanne Lenglen, face au 7e mondial australien Alex De Minaur. Il s'en faisait une fête et respirait l'ambition. Mais Alexander Blockx s'est tordu la cheville mardi à la fin de son entraînement et a dû déclarer forfait.
"Il bouclait son entraînement en faisant des points avec le jeune Brésilien Joao Fonseca", raconte le coach de Blockx Ruben Bemelmans. "Les terrains du stade Jean Bouin n'ont pas la même zone de dégagement en fond de court que ceux du tournoi. En reculant, il a posé le pied droit dans la bâche repliée en bout de course et il s'est tordu la cheville. Son préparateur physique et son kiné qui étaient sur place s'en sont directement occupés, ils sont allés de suite en clinique, mais on ne voyait pas grand-chose à l'échographie, c'est trop tôt pour se prononcer, il faut attendre les prochains examens pour savoir exactement à quoi s'en tenir. Je peux déjà craindre que cela n'ira pas pour les débuts sur herbe à Rosmalen, en espérant qu'il puisse quand même encore jouer sur gazon et donc à Wimbledon. Alexander n'est pas le genre à verser des larmes, il était très déçu, mais il est toujours revenu plus fort après chaque blessure. Je ne pense pas que ce sera différent cette fois."

L'incident rappelle irrésistiblement ce qui était arrivé à David Goffin lors du Roland Garros 2017 au troisième tour face à Horacio Zeballos sur le court Suzanne Lenglen et qui avait provoqué une polémique quant à la présence de ces fameuses bâches jugées dangereuses. Finalement, le Liégeois, meurtri lui aussi à la cheville droite, avait dû déclarer forfait pour Wimbledon cette année là, celle qui l'a vu devenir finaliste du Masters et 7e mondial en fin de saison. 

Hanne Vandewinkel s'incline logiquement

Le magnifique court Simonne Mathieu venait de se vider après la défaite en cinq sets de l'enfant terrible "maison" Corentin Moutet lorsque Hanne Vandewinkel a effectué ses débuts en Grand Chelem face à la lauréate de l'Open d'Australie 2025. Notre compatriote a pourtant entamé la partie avec l'intention de ne pas s'en laisser conter, forçant trois balles de break dans le troisième jeu du premier set, premier set qu'elle perdit 6-3 en n'abandonnant qu'une fois son engagement. Breakée en début de deuxième manche, elle hérita ensuite de quatre balle de break d'égalisation, toute sauvées magistralement par celle qui fut aussi finaliste de l'US Open 2017 et demi-finaliste de Roland Garros l'année suivante. La suite fut un cavalier seul (6-0) pour une Madison Keys intouchable.

"J'ai quand même essayé de profiter du moment, du beau court, j'ai fait de mon mieux, et je ne crois pas avoir grand-chose à me reprocher, j'étais face à une joueuse du top mondial", résumait notre compatriote. "Je regrette seulement de ne pas avoir su ou pu hausser un peu plus mon niveau lorsque j'ai eu quelques occasions au premier set, mais au deuxième elle était juste trop forte pour moi, cela allait trop vite, et la chaleur bien sûr n'a pas aidé. Quand elle joue comme ça elle est dangereuse pour tout le monde, sur toutes les surfaces, mais ce sont des matches où l'on apprend, où je constate que je dois encore améliorer ma qualité de balle et de service. Elle ne m'a pas donné beaucoup de rythme, ni de possibilités de jouer, au contraire d'Iva Jovic que j'avais battue en Billie Jean King Cup au mois d'avril à Ostende. Elle jouait mieux, tout simplement.

Le parcours de Hanne dans son premier Grand Chelem n'est pas encore tout-à-fait terminé pour autant. La Limbourgeoise débutera en effet ce mercredi sa campagne en double aux côtés de l'Australienne Maya Joint face à la paire d'invitées françaises composée de Léolia Jeanjean et Jessika Ponchet
 

Publié le 27-05-2026

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